Ton matcha est amer ? Spoiler : c’est rarement “toi le problème”. Tu fouettes, tu verses, tu goûtes… et là, grimace. Un vert trop foncé, un goût âpre qui accroche la langue, zéro plaisir. Pourtant tu avais imaginé une tasse douce, ronde, presque crémeuse.
Celle qui réconforte, pas celle qui pique. Si tu es là, c’est sûrement parce que tu as déjà essayé de “faire mieux”. Eau moins chaude. Plus de lait. Un peu de sucre. Et malgré tout, l’amertume revient. Encore. Ce qui est frustrant, c’est que tu fais des efforts, tu choisis ton matcha avec soin, et le résultat ne suit pas.
En quelques minutes, tu peux comprendre ce qui cloche et transformer ta tasse. Retrouver un matcha doux, équilibré, agréable à boire. Celui qui donne envie d’y revenir. Avant de changer de marque ou d’abandonner, prends juste une minute. On va d’abord comprendre ce que ton matcha essaie de te dire.
Diagnostic express : d’où vient TON amertume ?
Quand un matcha déçoit, la cause est presque toujours identifiable. J’ai vu des clients changer de marque alors qu’un simple réglage suffisait. On va aller droit au but, comme autour d’un café. Tu goûtes, tu observes, tu corriges.
Si c’est amer dès la 1ère gorgée → suspect #1
L’amertume immédiate pointe presque toujours l’eau. Trop chaude, elle extrait d’un coup les catéchines responsables de l’astringence. J’ai déjà goûté un très bon matcha ruiné par une eau à peine sortie de l’ébullition.
Résultat : attaque agressive, bouche sèche, zéro douceur. La texture paraît fine, sans grumeaux, mais le goût “grince”. Beaucoup de clientes me disent “il est fort”, alors qu’il est surtout brûlé. La solution est simple et rapide, on en parle juste après.
Si c’est amer + grumeaux → suspect #2
Là, le problème est double. Les grumeaux concentrent la poudre. Chaque micro-boule libère un goût plus intense, souvent amer. Sans tamis, même un bon matcha peut devenir imbuvable.
-
Poudre non tamisée, surtout après quelques jours d’ouverture
-
Fouettage trop lent ou trop circulaire
-
Eau versée d’un coup sur la poudre
-
Bol trop étroit, gestes limités
-
Matcha stocké près de la chaleur
-
Humidité ambiante élevée
Si c’est amer depuis que la boîte est ouverte → suspect #3
Un matcha qui s’oxyde perd sa rondeur. La couleur tire vers le kaki, l’odeur devient terne. Le goût s’aplatit et l’amertume ressort. Je le vois souvent après deux ou trois semaines, quand la boîte reste ouverte sur le plan de travail.
Même avec la bonne eau, la magie disparaît. La fraîcheur joue un rôle énorme dans la perception du goût, bien plus qu’on l’imagine.
Eau trop chaude : la cause n°1 (et la solution sans thermomètre)
Si je devais corriger une seule chose chez 8 personnes sur 10, ce serait celle-là. L’eau change tout. Les composés amers du thé vert s’extraient davantage à haute température.
Quand l’eau est trop chaude, l’extraction des catéchines augmente, et l’astringence ressort plus vite. Une étude sur les conditions d’infusion montre que temps et température influencent fortement l’extraction, avec une extraction majeure de certains composés autour de 80°C. - SOURCE : Saklar et al., 2015, “Effects of different brewing conditions on catechin content…” (PMC).
Température idéale (70–80°C) et pourquoi ça change tout
Entre 70 et 80°C, tu extrais l’umami et la douceur. Au-dessus, tu tires sur l’amertume. C’est contre-intuitif, mais un matcha “faible” en eau plus tiède paraît souvent plus rond qu’un matcha surdosé à l’eau brûlante. Beaucoup pensent qu’un goût fort est un goût réussi. En réalité, le bon matcha est équilibré, jamais agressif.
Méthode bouilloire classique, sans thermomètre
Pas besoin d’équipement spécial. Voici la méthode que je donne quand on me demande, et qui marche partout. Elle est simple, fiable, immédiate.
-
Fais bouillir l’eau
-
Verse-la dans un verre ou un bol vide
-
Attends environ 2 minutes
-
Observe la vapeur, elle devient plus douce
-
Utilise ensuite cette eau pour ton matcha
-
Ajuste d’une minute selon ta bouilloire
Un autre repère visuel aide beaucoup. Si la vapeur pique le visage, c’est trop chaud. Si elle est légère, presque invisible, tu es dans la bonne zone. C’est bête, mais ça fonctionne.
Outil pratique immédiat
Fais le test comparatif. Deux tasses, même matcha, même dosage. Une avec eau juste bouillie, l’autre après repos. Goûte à l’aveugle. Neuf fois sur dix, la différence saute aux papilles. C’est souvent le déclic.
À ce stade, beaucoup réalisent que leur matcha n’était pas “mauvais”. Juste mal préparé. Si malgré ça l’amertume persiste, alors on pourra parler de qualité, de grade, ou de fraîcheur.
Et là, oui, choisir un matcha plus adapté change tout. Si tu veux t’assurer d’une base douce et tolérante, un matcha pensé pour l’usage quotidien aide énormément.
Dosage : trop de poudre = amertume (même avec un bon matcha)
C’est l’erreur la plus fréquente après l’eau. Et aussi la plus sournoise. Beaucoup pensent qu’un matcha amer manque de qualité, alors qu’il est juste surdosé. J’ai vu des clientes utiliser deux cuillères bombées “pour que ça ait du goût”.
Résultat logique : bouche sèche, attaque agressive, aucune rondeur. Même un excellent matcha ne pardonne pas l’excès. Le dosage, c’est l’équilibre entre intensité et douceur. Pas la puissance brute.
Grammes & ml : repères simples à la cuillère ou au chashaku
La question revient tout le temps en ligne : “combien de matcha je mets exactement ?”. Bonne nouvelle, pas besoin de balance de précision. Les repères traditionnels fonctionnent très bien au quotidien.
Un usucha classique se prépare avec environ 1 à 2 grammes pour 60 à 70 ml d’eau. En pratique, cela correspond à une cuillère rase, ou deux chashaku bien plats. Dès que tu dépasses ça, l’amertume arrive vite.
Un détail que peu de gens remarquent : la finesse de la poudre joue aussi. Un matcha très fin se concentre plus vite. J’ai déjà comparé deux poudres visuellement proches, mais l’une saturait la bouche avec la même quantité. D’où l’intérêt de commencer léger, puis d’ajuster.
-
1 cuillère rase ou 2 chashaku pour un matcha pur
-
Eau entre 60 et 70 ml, pas plus
-
Toujours tamiser avant, surtout après ouverture
-
Ajouter l’eau en deux temps, jamais d’un coup
-
Goûter avant d’ajouter quoi que ce soit
-
Ajuster ensuite, pas l’inverse
Le bon ratio pour usucha vs latte
Autre confusion courante : utiliser le même dosage pour un matcha pur et un latte. Le lait change complètement la perception. Il arrondit l’amertume, mais il peut aussi l’amplifier si la base est trop chargée. Pour un usucha, la légèreté est clé. Pour un latte, on peut légèrement augmenter la dose, mais pas doubler.
Exemple concret. En matcha pur, 2 grammes suffisent largement. En latte, on peut monter à 2,5 grammes pour 200 ml de boisson finale. Au-delà, le goût devient épais, presque métallique.
Beaucoup pensent que le lait “cache” l’amertume. En réalité, il la révèle si le ratio est mauvais. Le bon latte est doux, végétal, jamais lourd.
Qualité & grade : cérémonial vs culinaire (et pourquoi le “culinaire” est amer… normal)
C’est un sujet sensible, mais essentiel. Tous les matchas ne sont pas faits pour être bus seuls. Et ce n’est pas un défaut. Le grade culinaire existe pour une raison précise. Je préfère être claire là-dessus, même si ça va à l’encontre de certains discours marketing.
Le grade adapté à l’usage
Un matcha dit “cérémonial” est pensé pour être bu tel quel. Il vient de feuilles plus jeunes, souvent issues de la première récolte. La culture à l’ombre favorise la L-théanine, responsable de l’umami et de la douceur.
À l’inverse, un matcha culinaire est plus riche en catéchines. Il est parfait pour la pâtisserie ou les recettes sucrées, mais rarement agréable en boisson pure.
Signes d’un matcha doux versus âcre
Sans être expert, certains signaux ne trompent pas. Un matcha doux a une couleur vert vif, presque lumineuse. L’odeur rappelle l’herbe fraîche, parfois l’algue douce. En bouche, l’attaque est ronde, puis végétale, sans sécheresse.
À l’inverse, un matcha âcre tire vers le jaune ou le kaki. L’odeur est plate. Le goût accroche la langue et laisse une sensation râpeuse.
Ce qui donne la sensation plus ‘ronde’, c’est souvent la part d’acides aminés, dont la L-théanine. Une étude montre que la L-théanine déclenche l’umami via le récepteur du goût umami, ce qui explique ce côté plus doux et ‘savoureux’ quand le matcha est bien extrait. SOURCE : Narukawa et al., 2014, “L-Theanine elicits umami taste via the T1R1 + T1R3…” (PubMed).
-
Couleur vert vif, jamais terne
-
Odeur fraîche, pas poussiéreuse
-
Attaque douce, pas agressive
-
Amertume faible, rapidement équilibrée
-
Texture lisse, sans sécheresse
-
Persistance agréable en bouche
Erreur courante et conseil contre-intuitif
Erreur classique : chercher à “cacher” l’amertume avec plus de lait ou de sucre. Ça fonctionne parfois, mais ça masque surtout un problème de base. Le conseil contre-intuitif que je donne souvent : réduis la dose avant de changer de matcha. Beaucoup découvrent que leur boisson devient soudain équilibrée. Et seulement ensuite, si besoin, choisis un matcha plus adapté à l’usage boisson.
Technique anti-grumeaux : tamiser + fouetter (sinon ça “goûte amer”)
Tu peux avoir la bonne eau, le bon dosage, et pourtant rater ta tasse. La raison tient souvent à la texture. Les grumeaux changent complètement la perception du goût. Autour du comptoir, c’est une des causes les plus sous-estimées.
Pourquoi les grumeaux amplifient l’amertume
Un grumeau, c’est de la poudre sèche concentrée. Quand tu le croques sans t’en rendre compte, l’amertume explose. Le reste de la tasse peut être correct, mais la bouche retient ce pic désagréable. J’ai souvent fait le test en atelier. Même matcha, même eau. Avec et sans tamis. La version non tamisée paraît plus agressive, alors que la recette est identique.
Ce n’est pas psychologique. C’est mécanique. Sur le matcha, le mélange joue vraiment : quand l’agitation est trop faible ou trop courte, la boisson ressort plus amère et astringente. Une étude récente sur le matcha montre justement que le taux d’agitation influence les profils de goût, dont amertume et astringence. SOURCE : Li et al., 2024, article ScienceDirect (matcha agitation rate/time → bitter/astringent).
Tamis + gestes W/M + erreurs fréquentes
Le tamis n’est pas un gadget. C’est l’outil le plus simple pour améliorer une tasse. Le fouettage compte autant. Le geste doit casser la poudre, pas la repousser sur les bords. Erreur courante et contre-intuitive : fouetter trop doucement. Beaucoup pensent préserver la douceur. En réalité, ils laissent des poches sèches.
-
Toujours tamiser, même un matcha neuf
-
Utiliser un bol assez large pour bouger le poignet
-
Fouetter en W ou en M, jamais en cercle
-
Commencer vite, puis alléger le geste
-
Ne pas écraser la poudre contre les parois
-
Arrêter dès que la mousse est fine
Pas de chasen ? alternatives qui marchent
La question revient souvent : “je n’ai pas de chasen, je fais comment ?”. Bonne nouvelle, il existe des solutions. Un petit fouet électrique à basse vitesse fonctionne bien. Un shaker peut dépanner, à condition de tamiser avant.
J’ai même vu de bons résultats avec une fourchette fine, en y mettant un peu d’énergie. Ce n’est pas traditionnel, mais ça évite les grumeaux. Si tu débutes et que tu veux te simplifier la vie, un chasen bien choisi reste l’option la plus fiable. Sans obligation, juste par confort.
Solution douce immédiate : comment l’adoucir SANS ruiner le matcha
Quand une tasse accroche, l’objectif n’est pas de la masquer, mais de la rééquilibrer. On cherche la rondeur, pas le sucre. Voici ce que je conseille en priorité, testé et approuvé en boutique.
Version “pure” : eau, ratio, mousse
Un matcha pur doit être léger. Trop concentré, il devient vite envahissant. La mousse joue aussi un rôle. Une mousse fine apporte de l’air, donc de la douceur en bouche.
En pratique, l’âge des feuilles compte : quand on passe de bourgeons/jeunes feuilles à des feuilles plus âgées, les équilibres entre catéchines et acides aminés évoluent. Une étude montre justement des variations de catéchines et de L-théanine selon l’âge des feuilles et l’ombrage. SOURCE : Song et al., 2012, “Correlation between leaf age, shade levels…” (FAO AGRIS record).
Version latte : quel lait, comment arrondir
Toutes les bases ne réagissent pas pareil. Le lait d’avoine apporte une rondeur naturelle. Le lait de soja accentue parfois l’astringence. Le lait d’amande peut paraître plus amer s’il est peu sucré.
Exemple concret : deux clientes, même matcha, mêmes gestes. L’une avec avoine, l’autre avec soja. Les retours étaient opposés. Ajuster le lait change tout.
Erreurs à éviter absolument
C’est ici que beaucoup sabotent leur tasse, sans le savoir. Ces erreurs reviennent souvent en discussion.
-
Ajouter du sucre dès le départ
-
Utiliser une eau bouillante “pour aller plus vite”
-
Surdoser la poudre pour compenser
-
Fouetter trop lentement
-
Utiliser un matcha oxydé
-
Penser que le lait corrige tout
Outil pratique immédiat
Fais le test des trois tasses. Même matcha, même dosage. Une avec eau reposée, une avec eau très chaude, une avec plus de mousse. Goûte dans cet ordre. Tu comprendras instantanément ce qui adoucit vraiment.
Beaucoup me demandent aussi : “est-ce normal qu’un matcha soit un peu amer ?”. Oui, légèrement. Ce qui ne l’est pas, c’est l’agression. Quand tout est juste, la verdure reste fraîche, jamais râpeuse.
Si malgré tous ces ajustements la tasse reste dure, le souci vient souvent du matcha lui-même. À ce moment-là, choisir une poudre plus douce change radicalement l’expérience. Un guide pour reconnaître un matcha adapté peut aider à ne plus se tromper.
Dans la grande majorité des cas, le résultat tient à trois choses
Eau, dose, geste. Quand elles sont justes, le plaisir revient. Si tu veux aller plus loin, le guide pour choisir un matcha naturellement doux est là pour t’aider. Et si tu as besoin d’un tamis ou d’un chasen simple, choisis-les comme des alliés, pas comme des obligations.
Vos questions les plus fréquentes sur le matcha amer
Comment adoucir sans ajouter de sucre ?
Oui, c’est possible, et ça change tout. Le réflexe “sucre” masque le problème au lieu de le régler. Je te conseille plutôt de baisser la température, puis de viser une texture plus lisse (tamis + fouettage). Si tu veux une rondeur immédiate, ajoute un nuage de lait d’avoine ou d’amande, mais après avoir goûté la base. Tu gardes le goût, sans le déguiser.
Quelle température viser sans thermomètre ?
Le sweet spot, c’est 70–80°C, et tu peux l’atteindre sans gadget. Le truc simple : tu verses l’eau bouillante dans une tasse vide, tu attends 2 à 3 minutes, puis tu utilises cette eau. Ça calme l’extraction “piquante” et ça fait ressortir l’umami. Si ton matcha devient plus doux d’un coup, tu viens d’identifier ton vrai coupable.
Quel lait choisir pour un latte doux ?
Pense “coussin” : plus le lait est rond, plus il amortit l’amertume. En pratique, l’avoine donne souvent le rendu le plus crémeux et naturel. L’amande peut être super, mais certaines versions accentuent l’astringence si elles sont très “sèches”. Le soja mousse bien, mais le goût varie selon les marques. Teste deux laits sur la même base, tu verras tout de suite.
Frigo ou placard après ouverture ?
Le frigo peut aider, surtout quand il fait chaud, mais il y a un piège : la condensation. Si tu ouvres une boîte froide, l’humidité peut tomber dedans, et ton matcha perd sa finesse. La méthode simple : tu sors la boîte, tu attends qu’elle revienne à température ambiante, puis tu ouvres. Et évidemment : bien fermer, à l’abri de la lumière.
Peut-on réussir sans chasen ?
Oui, et je te le dis sans snobisme. Le chasen est top, mais pas obligatoire. Un mousseur à lait électrique donne souvent un résultat très propre, surtout pour les lattes. Un shaker marche aussi si tu tamises avant, sinon tu enfermes des grumeaux. L’idée, c’est d’obtenir une dispersion homogène, pas “brasser fort”. Si tu débutes, ça te sauve des tasses.
Sources
Note : certaines sources sont en accès libre (PMC/MDPI/PubMed), d’autres via éditeurs (ScienceDirect/Oxford Academic).